L’histoire de notre  Harmonie

 

La musique à Bagnols


Bagnols, comme tant d’autres villes n’échappe pas à la course à la musique que s’est instaurée en France pendant le XIX ème siècle. C’est en 1831 qu’une fanfare municipale est créée.


Elle fut dissoute en 1851. En 1852, la municipalité recrée une musique. Il y eut ensuite un chassé-croisé entre le Maire et le Curé, chacun ayant sa Musique,; et se produisait sur les “terres  du concurrent”. En 1859 le baptême de la cloche de la paroisse Saint Jean-Baptiste divisera en plus les tenants du maire et du curé. La musique des pompiers est dissoute.


C’est ainsi que naissent les “INSEPARABLES” en 1860 (?). Sous l’impulsion de Léon Allègre se crée un Orphéon en 1862. Au début XX è siècle existaient 4 orphéons à Bagnols.


Donc, l’harmonie “les inséparables” est née. En 1880 les Bagnolais ouvrent une souscription pour offrir à l’harmonie une bannière, brodée de fils d’or, par les “Dames” de la ville (?), en témoignage et reconnaissance à cette association, seule responsable à l’époque, du rayonnement du message musical.


Le développement du chemin de fer permet à l’harmonie de voyager et de glaner des récompenses aux concours, notamment en 1884 à Alès (1er prix), en 1885 à Lyon, 1886 à Nîmes, 1891 à Avignon. Le siège était dans un café de la place Mallet, café devenu pharmacie depuis.


Le début du siècle vit à Bagnols un épanouissement assez exceptionnel de la musique pour une bourgade de 4500 habitants. Trois sociétés de musique se partageaient les faveurs du public. En plus des Inséparables il s’agissait de l’ESTUDIANTINE (orchestre de mandolines et de cordes) et de l’HARMONIE BAGNOLAISE, toutes deux entretenues par Florentin Collain, ancien maire de Sabran et conseiller général. Aux dire des plus anciens musiciens dont les parents avaient fait partie de ces musiques, Bagnols comptait 800 musiciens et chanteurs. Des formations réduites issues de ces orchestres se produisaient aux terrasses de cafés; ils interprétaient des oeuvres de compositeurs locaux.


La guerre de 1914-1918 met une sourdine aux accents de ces associations. Les inséparables survécurent et reprirent leur activité en 1928, en absorbant les musiciens des deux autres formations. Le nom “LES INSEPARABLES” donna lieu à de vives polémiques pour être conservé. Les statuts furent déposés à la sous-préfecture d’Uzès le 4 mais 1931.  Un petit chef d’oeuvre, voir notamment les articles IV à VIII. La société s’installa au café de la bourse place Bertin-Boissin. M. Ligonès, secrétaire de mairie, assura la direction. La mairie organisa des cours de solfège gratuits.


En 1930 Félix Pons prend la direction de l’harmonie jusqu’en 1939. L’harmonie possède une clique forte de 20 clairons et tambours. De nombreux chanteurs locaux accompagnent l’harmonie. C’est à cette période que le théâtre de l’Odéon de Paris vient pendant plusieurs années prendre ses quartiers d’été à Bagnols et y préparer la saison suivante. Manquant de musiciens, car la province n’était pas propice aux “cachets”, seuls venaient un pianiste, un violon et quelques autres. Donc les répétitions et quelques représentations étaient accompagnées par “les inséparables”. Bagnols a pu entendre BALPETRE, Madame Madeleine DURET.


En 1939, la guerre encore une fois fit cesser les activités des musiciens jusqu’en 1945. Et les allemands, ne reculant devant rien, brûlèrent les archives (?). Seules survécurent quelques papiers que possédait le président et la bannière qui était chez le porte-bannière;


En 1946 M. Bonnaud, 1er violon solo de l’opéra de Marseille prend sa retraite à Bagnols, et tout naturellement prit la direction de l’harmonie les inséparables. Les répétitions se faisaient au café Grand. L’harmonie “la joyeuse” de Laudun est absorbée à son tour. Pendant ce temps Marcoule se construisait, de même la Citadelle et les Escanaux. Les inséparables reçurent une salle pour répéter au centre culturel vers 1963.


En octobre 1967 naissait l’école privée de musique dont le conseil d’administration était composé des membres des inséparables, des professeurs, des membres d’ “à choeur joie” et de M. Fernand Jarrie, senateur, conseiller municipal et violoncelliste réputé.


En 1970 M. Alain Robert prit la direction de l’harmonie. Vigneron de son état il était aussi 1er prix de haut-bois du C.M. de Bordeaux. A cette époque 65 musiciens exerçaient leur talent aux inséparables. En 1973 l’école du musique a comme président un “inséparable”, instituteur à Bagnols, M. Cyprien Granier, saxophoniste à l’harmonie. En 1974 l’école de musique déménage dans des locaux préfabriqués de l’avenue Vigan-Braquet, un ancien CEG, qu’occuperont le SIFAC et l’école de musique.


En 1982 l’école de musique s’installe dans l’ancienne Gendarmerie où se trouve actuellement, tout comme les inséparables. M. Jean Granet, contre-bassiste, est le président de l’harmonie depuis 1946. Il laisse la place à M. André Sabatier, trombone à coulisse de la formation. La musique interprétée était de la musique de kiosque en première partie et de la musique classique en deuxième partie.


En 1993, M. Eric Charrey, professeur de clarinette à l’école de musique de Bagnols devient le nouveau chef de la formation. Et depuis 1990 la présidence est assurée par Michel Chapus, à l’origine saxophoniste alto, actuellement saxophoniste bariton des inséparables.


Devenu entre-temps directeur de l’école de musique, Eric Charray, cède la direction musicale des inséparables en 2004 à Jean-Yves Chapus qui était jusqu’alors saxophoniste et haut-boïste de l’harmonie.

Ci-après, l’histoire, incomplète et avec des erreurs, telle qu’elle était contée jusqu’à maintenant, c’est-à-dire avant la publication de Monsieur Charmasson:

 
La Ville de Bagnols-sur-Cèze, actuellement environ  18 000 habitants, Capitale du Gard
rhodanien entre Provence, Cévennes et Camargue possède une harmonie depuis au moins 1831...voire avant.


L’histoire détaillée de l’harmonie et de l’école de musique a été publiée sous le titre “Inséparables depuis 1876: histoire d’un orchestre bagnolais du XIX au XXI e siècle” par l’historien Jean Charmasson dans la revue RHODANIE (N° 106 de JUIN 2008).

Monsieur Charmasson nous a aimablement autorisés à publier cet article sur notre site. Grand merci.



 

En bas de page, après l’article de RHODANIE, l’histoire, incomplète et avec des erreurs, telle qu’elle était contée avant la publication de Monsieur Charmasson en juin 2008: